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Le Gecko léopard

Taille adulte : 30 cm Longévité : 20 ans, record de 29 ans en captivité Température : Point chaud : 31°C le jour et 25°C la nuit Point froid : 25°C le jour et 20°C la nuit Hygrométrie : environ 50% Éclairage : UV B, 12h/j Distribution géographique et habitat Eublepharis macularius est un lézard désertique, terrestre, et nocturne. Il vit en Afghanistan, au Pakistan, dans le Nord de l’Inde et l’Ouest de l’Iran. Dans leur milieu naturel, les geckos fréquentent parfois les habitations et montent jusqu’à 2100 mètres d’altitude. Au Pakistan, on les trouve dans les cavités et les fissures des murs pierreux. Dans la zone la plus méridionale de leur aire de répartition, les geckos ont un comportement semi-arboricole : on les trouve sous les écorces d’arbres des forêts tropicales sèches. Minton les a décrits en 1966 comme des lézards grégaires vivant en colonies. Les mâles ont une espérance de vie supérieure à celle des femelles. Le record de longévité pour un mâle atteint 29 ans, contre 21 ans et 10 mois pour une femelle (Slavens et Slavens, 1997). Soins en captivité Pour des Sauriens terrestres, les dimensions recommandées pour le choix du terrarium sont les suivantes : • Longueur du terrarium = 3 fois la longueur du corps • Profondeur = 2 fois la longueur du corps • Hauteur = longueur du corps (fourchette de 30cm à 2m50) Les surfaces doivent être multipliées par un facteur de 1,5 pour tout colocataire additionnel (Schilliger, L., 2004). Pour un individu adulte, cela correspond à un terrarium de 60 cm de long par 40cm de large, et par exemple un mètre de long par 45cm de large pour un trio. Pour un lézard terrestre, la hauteur du terrarium n’a pas grande importance mais on trouve des normes de 30 à 40 cm. On doit placer une cachette par lézard. Quatre équipements sont indispensables dans le terrarium: un chauffage, des abris, un bol d’eau et un éclairage. Les normes de température sont de 30-32°C au point chaud et 25°C au point froid le jour, et 20-22°C la nuit (Gerard, P., 1997). La durée du cycle jour/nuit recommandé est de 14 heures de jour et 10 heures de nuit. Si le rythme nycthéméral n’est pas recréé en captivité, des dérèglements thyroïdiens peuvent survenir chez les mâles notamment, se manifestant par des rythmes de mue anarchiques et de l’anorexie. On rappelle que les reptiles sont thigmothermes. La chaleur active leur métabolisme donc la digestion, le système immunitaire, la fréquence cardiaque, la vitesse de cicatrisation… d’où l’importance de contrôler ce paramètre en permanence par un thermomètre. Les normes d’hygrométrie se rapportent au milieu naturel. Sur le plateau Potohar au Pakistan, l’humidité relative extérieure est de 23-32% pour des températures de 22 à 45°C, ce qui correspond à une humidité absolue de 3,8 à 8,6 g de vapeur d’eau/kg. Dans les abris des geckos, l’humidité relative atteint 40 à 56% soit 6,6 à 15 g de vapeur d’eau/kg. Durant la mousson, l’humidité relative peut atteindre 70 à 80%. En élevage on conseille une hygrométrie absolue de 8 à 12 g de vapeur d’eau/kg soit à 29°C, une humidité relative de 30 à 45%. Pour fournir un point plus humide pour la mue et la ponte, on rajoute une boîte à humidité au point froid. Reproduction La saison reproductrice commence entre décembre et février, suite à l’hivernation. La femelle est ovipare : elle pond 1 à 2 oeufs, exceptionnellement 3. Le sexe des jeunes dépend de la température d’incubation : femelle obtenues avec des températures froides et mâles avec des températures chaudes. Les oeufs incubés à 27-28°C donnent des femelles en 55-63 jours environ. Les oeufs incubés à 32-33°C donnent des mâles en 34-45 jours environ. Alimentation Les geckos léopards sont insectivores. Les lézards carnivores comprennent les insectivores et les carnassiers ; ils sont donc carnivores au sens large. Dans la nature, leur régime alimentaire est très éclectique. Ils consomment des insectes, des scolopendres, des araignées, des scorpions, des micro-mammifères (souriceaux…), de petits lézards. En captivité, on peut lâcher les proies dans le terrarium ou nourrir à la pince. De préférence, on distribuera les proies à la tombée de la nuit, pour respecter les moeurs nocturnes du lézard. Chez les juvéniles avant le début de la prise alimentaire, il est impératif de proposer les proies à la pince. Les jeunes ont encore du vitellus et ne commencent à chasser que quelques jours après l’éclosion. Si on laisse des proies dans le terrarium, elles peuvent s’attaquent au jeune lézard et il en aura peur par la suite. Il existe aussi des « distributeurs à insectes ». Ce sont des récipients en forme de rochers dans lesquels on peut placer le calcium et les insectes, secouer, puis laisser les insectes sortir par un trou vers le terrarium. On peut calculer les besoins quantitatifs d’un gecko par la formule suivante : Formule de calcul des besoins énergétiques quotidiens d’un lézard (d’après (Schilliger, L., 2004b) : - BEE (en kcal/jour) = k*32*PV(kg)^0,77 - k : coefficient variant de 1 à 2,5 suivant l’activité et l’état général - Par exemple, pour une femelle gestante, k=1.5 car l’ovogenèse est coûteuse en énergie, - Pour un jeune en croissance, k=2, - Pour un animal stressé ou en cours de cicatrisation, k=2,5 - k augmente aussi avec la température car l’activité métabolique augmente avec la température du milieu. Quantité d’aliment à distribuer : Q(g/j) = BEE/EM EM : Energie métabolisable dans 1 g d’aliment brut En pratique, on distribue les proies à volonté. Cette formule sert surtout pour le gavage chez les animaux anorexiques. Pour évaluer si les besoins nutritifs quantitatifs sont couverts sur le long terme, on peut observer l’état corporel des geckos et leur croissance. L’état corporel peut s’évaluer par la circonférence de la base de la queue. Poids en grammes en fonction de l’âge du gecko léopard en mois Pour un lézard carnivore, les besoins nutritionnels qualitatifs sont les suivants (Schilliger, L., 2006a) : - % de matière grasse recommandé : 30-60% de l’ EM - % de matière protéique recommandé : 25-60% de l’ EM - % ENA (extractif non azoté) recommandé : <10% de l’ EM Apports vitaminiques et minéraux quotidiens recommandés : - Vitamine A : 1500 à 10 000 UI/kg de MS et 14 000UI/kg de poids vif, soit 1400 UI/100g de PV - Vitamine D3 : 2000-5000 UI/kg de MS et 600 UI/kg de poids vif soit 60 UI/100g de PV - Vitamine E : 400 UI/kg de MS et 220 UI/kg de poids vif, soit 22 UI/100g de poids vif. - Calcium : 0.8 à 1.4% MS et 1.8 à 3 mg/kcal - Phosphore : 0.5 à 0.9% MS Le rapport phospho-calcique doit être compris entre 1 et 4 selon les auteurs. Chez les femelles en ponte, le besoin en calcium est augmenté car il intervient dans la synthèse de la coquille des oeufs. Ces normes sont très larges et ne permettent pas de recommander un type de proie à privilégier. La recommandation classique est de donner une alimentation variée. Les espèces insectivores sont plus sujettes que les espèces carnassières aux carences minérales et vitaminiques, en raison du rapport Ca/P proche de 0,1 des insectes. On laissera en permanence à disposition dans le terrarium une coupelle contenant de l’os de seiche en poudre, à volonté. La recommandation classique est d’ajouter des suppléments dans l’eau une fois toutes les deux semaines à tous les mois afin d’éviter les excès en vitamines A et D3, notamment pour les juvéniles. Les femelles gestantes pourront en recevoir une fois par semaine ou toutes les deux semaines comme les juvéniles. Le nourrissage des proies est appelé «gut loading». Par exemple on peut utiliser des granulés de luzernes « pour lapins » ou des granulés pour iguanes, riches en calcium, et avec des croquettes pour chiens, chat ou furets. L’apport de vitamine C peut être assuré par des zestes d’oranges non traitées aux pesticides. Dans le choix des proies, il faut aussi prendre en compte la difficulté d’élevage si on choisit de produire les proies chez soi. Les vers de farine ou larves de Tenebrio molitor et les Zoophobas morio ont deux inconvénients majeurs : leur rapport phosphocalcique est très bas et ils possèdent une carapace en chitine difficile à digérer. La teigne de ruche Galleria melonella, peut être distribuée au stade de chenille ou d’adulte, une fois transformée en petit papillon gris. Les chenilles ont une teneur excessive en graisses, provoquant une lipidose hépatique si elles sont utilisées comme alimentation de base. Certains lézards en sont très gourmands, et n’acceptent que cette nourriture une fois qu’ils y ont goûtée. Pour « désintoxiquer » un gecko, on conseille de le faire jeûner quelques jours jusqu’à ce qu’il accepte une autre proie. En résumé, on conseille de distribuer les teignes au maximum une à deux fois par semaine, avec d’autres insectes. Les proies sauvages sont utilisables à conditions d’être capturées loin des champs traités aux insecticides. Les blattes d’élevage, Blaberus craniifer, sont conseillées pour déclencher la prise alimentaire chez les juvéniles. Il est préférable d’enlever les pattes P3 des grillons ou de les tremper dans l’eau avant de les distribuer car ils peuvent blesser la gueule des geckos, ou effrayer les juvénile. Il existe des proies mortes, sous des formes longue conservation. Par exemple, la marque Zoomed propose des mélanges de mouches déshydratées supplémentées en vitamines et minéraux, qui peuvent être distribuées telles qu’elles ou après réhydratation. La gamme Can’O Product propose des insectes cuits en conserve. Elle permet de varier les insectes : criquets, vers, sauterelles. L’intérêt est que la chitine est plus molle qu’avec des insectes vivants donc plus digeste. L’inconvénient de ce genre de nourriture en conserve est son prix et l’effet laxatif qu’elle peut avoir sur les animaux. Pour stimuler l’appétit des lézards pour les proies mortes, on conseille de l’agiter à la pince ou de les placer sur un bocal qui vibre, vendu par exemple dans la marque Exoterra (Vivicator). Mais en général les lézards préfèrent les proies vivantes quand ils en ont à disposition.